"S" mon ami, tu me déçois depuis hier, tes effets sont de moins en moins efficaces,  j'ai peur, j'angoisse, tu ne me remontes le morale que sur de courtes périodes, j'ai mal
Alors je me lâche, je vais parler d'elle que tu peines à soulager aujourd'hui.

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Lundi 3 Septembre 2012, 15h30, c'est la première fois que je t'ai ressenti, une impossibilité de bouger, après un choc, un hurlement contre moi que j'ai compris bien trop tard. Il faut que je lui trouve un nom à cette douleur ?!  Comment je pourrais t'appeler, pour que j'arrive à te parler, à te contrôler ? 

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Les premiers mois j'ai voulu  t'effacer, en me bourrant de médicaments, acheter chez Jean Coutu (où on trouve de tout même un ami)les deux semaines au Québec, 15 jours après ton apparition, un laps de temps trop court pour me permettre de t'apprivoiser, je voulais juste profiter.
Et puis il y a eu le retour à la réalité, le boulot, les amis, la piqûre de rappel à chaque fois que tu es là (donc tout le temps) et de ce moment ou tu es apparu pour la première fois...

Et depuis 4 ans, tu joues avec mes nerfs, je te sens en permanence à des degrés différents et subtilement tu reviens avec une intensité incontrôlable, qui me ferais faire n'importe quoi pour que tu disparaisses, pour que tu n'existes plus juste un moment, comme m'arracher le bras.  Quelqu'un a une scie ?  
Le pire c'est que je sais quand tu vas revenir,  je t'entend même arriver avec tes gros sabots, comme un signal d'alarme : 
MAYDAY MAYDAY tous les feux clignotent en rouge....
C'est trop tard... Tu vas t'installer une semaine, quinze jours, un mois... et je vais essayer encore une fois de te parler tous les soirs et  tu vas me réveiller toutes les nuits. Pire qu'un môme. 

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 - Un poids sur l'épaule... mais lequel ?  j'ai l'impression de m'enfoncer

C'est peut-être  dans la tête. Je me dis parfois, que tu n'existes pas, que mon état y joue beaucoup, c'est même sur, quand je vais bien, tu es moins présente. (juste moins, t'aime bien te planquer) 

Souvent je débloque,  tu me fais vraiment faire n'importe quoi, un peu comme en périodes de règles, non d'ovulation... Tu me rends triste, puis euphorique, mes réactions sont différentes, surtout il ne faut pas trop que je m'écoute, alors je sors, je bouge, je fais le ménage, je vois des gens, pour ne plus penser et de temps en temps je me soigne, je vais voir un Mr très charmant qui essaye tant bien que mal de te faire disparaître un instant, des fois ça fonctionne. 

Ou alors, je m'enferme, je me mets en boule sur mon canapé, le temps que ça passe, souvent la nuit, c'est plus angoissant la nuit, ça fait peur la nuit, tu es seul la nuit. 

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Et aujourd'hui dimanche tu es là, depuis 4 jours, je savais que tu n'étais pas loin, je m'en doutais... Le seul moyen que j'ai trouvé, c'est de t'écrire, tu es présente dans ma vie depuis assez longtemps et aujourd'hui j'en ai marre,  je suis en colère et notre ami "S" ne m'aide pas beaucoup. 
Alors casse toi, pars, juste aujourd'hui, ou quelques jours,  je te jure, je vais prendre soin de toi maintenant, si tu t'éloignes un peu, je perds tous mes repères quand tu es là,  j'ai juste besoin de re-réfléchir, d'avoir de nouveaux un jugement objectif sur ce qui m'entoure. 

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Vous allez vous dire, mais elle est folle, oui sûrement, mais ça me soulage...  un peu et de temps en temps je crie ! 

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Allez on va finir cette article, avec cette chanson de Batlik parlant de ses calculs rénaux... "J'ai peur quand j'ai mal...."  
J'ai choisi la version live pas du tout par hasard, je l'a trouve encore plus approprié pour agrémenter cette article. 

* "Arrache moi les... la douleur jusqu'au bout de moi..." Louise Attaque  : Arrache moi - 1997

 10 Juillet 2016